Vols personnels

Observer dans la durée les vols personnels

1. De moins en moins de volés

Cette victimation ne concerne qu’une petite fraction de la population résidant en France métropolitaine, moins du vingtième.

S’il est possible qu’elle ait crû entre le milieu des années 1980 et le milieu de la décennie suivante, elle a ensuite adopté une tendance à la baisse qui ne s’est interrompue que quelques années autour de 2000. Si les dernières enquêtes marquent une certaine remontée, pour autant la tendance de long terme demeure orientée à la baisse (pour lire la suite, cliquer ici)

Figure 1 : Vols personnels, victimes dans la population (prévalence), diverses enquêtes, 1984-2018

Sources: CESDIP, INSEE, IPR                                       Champ : Variable selon les enquêtes

Les enquêtes régionales et locales disponibles donnent à voir des prévalences qui sont toujours supérieures à celles des enquêtes nationales (figure 1), probablement parce qu’elles ont été réalisées dans des milieux très urbanisés alors que les campagnes nationales couvrent aussi naturellement des territoires peu urbanisés, voire très ruraux. Cependant, l’orientation à la baisse a été plus tardive dans la courbe francilienne que dans celle sur l’ensemble du territoire métropolitain, et elle a laissé place, en fin de période, à une remontée marquée.

 

2. Une comparaison difficile entre sources

On s’étonne aussi de voir la statistique policière constamment en dessous des estimations de plainte fournies par les enquêtes jusqu’en 2002-03 puis de plus en plus au-dessus à partir de 2003-04 (pour lire la suite, cliquer ici)

Figure 2 : Vols personnels, enquêtes et statistiques de police, en milliers – 1984-2018

Sources : CESDIP, INSEE, SSM-SI                                    Champ : France métropolitaine

 

3. Les vols violents : un ordre de grandeur sans changement

Figure 3 : Vols violents. Victimes dans la population (prévalence), enquêtes diverses 1999-2018

Sources : IPR, CESDIP                                        Champ : variable suivant les enquêtes

Figure 4 : Vols violents (incidence, incidence apparente, données policières,) en milliers –2003-2018

Sources : INSEE, SSM-SI                                                 Champ : France métropolitaine

La comparaison avec les données policières[1] (figure 3) laisse surtout voir une distance assez inattendue entre les ordres de grandeur des deux sources : on imaginerait facilement un renvoi systématique à la police ou à la gendarmerie ; il n’en est rien, probablement parce que, sous le label global de vol violent, se rangent des victimations très hétérogènes, de l’agression caractérisée d’une vieille dame au racket entre lycéens, qui n’entraînent pas toutes un renvoi systématique[2]. En tous cas, les deux sources sont assez bien corrélées (0,74). La corrélation entre données policières et estimés d’incidence apparente est encore meilleure (0,83) (pour lire la suite).

 

Conclusion

Au total, d’après les données nationales de victimation, l’évolution des vols personnels dans le dernier quart de siècle traduit une tendance globale à la baisse que l’on ne retrouve guère dans les données policières.

La tendance est différente dans les enquêtes franciliennes qui témoignent d’une vive reprise depuis 2011-12.

Quant à l’importance des vols violents, les enquêtes régionales et locales – qui concernent des espaces très urbanisés – la situent à un niveau plus élevé que ne le suggèrent les enquêtes nationales.

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Pour les problèmes méthodologiques communs à toutes ces observations dans la durée des délinquances,cliquer ici.

 

Notes

[1] On a retenu dans les index 4 (tentatives d’homicides pour voler et à l’occasion de vols), 8 (prises d’otage à l’occasion de vols), 11 (menaces ou chantages pour extorsion de fonds), 18 (vols à main armée contre des particuliers à leur domicile), 19 (autres vols à main armée), 21 (vols avec arme blanche contre des particuliers à leurs domicile), 22 (autres vols avec arme blanche), 24 (vols violents sans arme contre des particuliers à leur domicile), 25 (vols violents contre des femmes sur voie publique ou autre lieu public), 26 (vols violents sans arme contre d’autres victimes).

[2] Cette hétérogénéité apparaît clairement lorsqu’on construit des profils de victimations : Robert, Zauberman, 2013.